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LE VAFC : C'EST DALLAS !

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1 LE VAFC : C'EST DALLAS ! le Lun 16 Mar - 17:07

TDF


Admin
Valenciennes, c'est Dallas !

Descente en Ligue 2, changement de président, salariés virés, fin de Championnat encore en suspens : le VAFC ne vit pas une saison comme les autres. Avant de recevoir Troyes ce soir (20h30), enquête sur un club en mal de stabilité.

Digne d’une bonne vieille série américaine. Un thriller haletant, des tromperies, des mensonges, des rivalités : le Valenciennes football club (VAFC) pourrait un jour intéresser des scénaristes. «C’est clair que l’on pourrait écrire un livre sur ce club», confirme Carlo Di Marcantonio, supporter local, membre du collectif «VAenL1».



Eddy Zdziech, président de Valenciennes depuis l'été dernier. (D.R)

Deux millions d'euros à trouver d'ici la fin du mois

Depuis un été 2014 de toutes les angoisses où il a échappé à un dépôt de bilan, VA cherche à trouver une stabilité sportive et financière. Deux critères intimement liés pour sa survie. 17e et au bord de la zone de relégation en Ligue 2, le nouveau président Eddy Zdziech, qui a succédé au charismatique Jean-Raymond Legrand, doit trouver de quoi combler le déficit d’ici la fin du mois pour finir la saison sereinement et travailler sur l’exercice 2015/16. «On est en train de finaliser le plan de sauvetage démarré en juillet dernier, explique Eddy Zdziech, un plan sur deux ou trois ans pour rétablir le côté financier et qu’on entende plus parler de nous.»

Un président qui ne veut pas être alarmiste. «Les sommes ne sont pas énormes, on ne parle pas de 10 ou 15 millions.» Tout de même, ce sont deux millions d’euros qui doivent arriver rapidement pour que VA s’évite de trembler. Mais pas de quoi remettre en cause les salaires du mois d’avril assure-t-on. «Il faut que la ville et la communauté d’agglomération réalisent tout ce qui était prévu en juillet dernier, explique Zdziech sans vouloir donner plus de détails, une conciliation étant en cours. Pour ma part, je devais amener 150 000 euros en janvier et je l’ai fait.» Laurent Degallaix, le maire de la ville, n’a pas répondu à nos sollicitations et Valérie Létard, présidente de Valenciennes Métropole, n’a pas souhaité s’exprimer.

Dans sa chasse aux économies, le club a dû logiquement dégraisser dans son organigramme. En interne, on critique le fait que le président Zdziech ait tardé avant de prendre sa décision. «Je vous laisse imaginer l’ambiance qui pouvait régner au niveau des administratifs, peste ce proche du club qui souhaite garder l’anonymat, des clans se formaient, ça devenait vraiment exécrable.»



Extrait de la lettre de la discorde, celle qui a été envoyée le 23 décembre aux futurs salariés licenciés. Une bonne nouvelle qui est arrivée le 24 décembre dans les boîtes aux lettres. (D.R)

Des lettres de licenciement pour le réveillon de Noël

Sur 120 salariés, six ont quitté le club en janvier. C’est là que les problèmes commencent. Les lettres de licenciement ont été reçues le…24 décembre. «C’est une blague de penser que cela a été fait exprès, s’emporte Zdziech, je ne suis pas aussi vicelard que ça ! Qu’est-ce que ça aurait changé à la face du monde si c’était le 23, le 24 ou le 26 ? Il y avait un calendrier précis. Qu’on ait pensé que j’ai calculé pile poil…»
La relation très proche entre ces six personnes et Jean-Raymond Legrand, ancien boss entre 2011 et 2014, a fait penser à un coup monté. «On sait très bien que c’est une décision politique, poursuit ce proche du club. On a décidé de se séparer du responsable de la sécurité, de la cellule de recrutement, du fils de Jean-Raymond Legrand (Arnaud). Mais de l’autre côté, on garde trois secrétaires, trois personnes à la billetterie.» Des choix également mal compris par Loïc Pérard, 52 ans, ancien milieu de terrain dans les années 80 (Laval, Racing Paris, Nancy, Caen…) et recruteur pour le VAFC jusqu’à son licenciement économique. «Tout le sportif a disparu, c’est ça qui me surprend, alors que c’est le cœur du métier. C’est le seul truc qui me fait penser qu’il n’y a pas de logique. C’est comme si une banque n’avait pas de billets…» Aujourd’hui, après plus de trente ans dans le foot, il préfère relativiser. «Ça se passe partout comme ça, il faut accepter l’arrivée d’un autre président qui a peut-être envie de travailler avec d’autres personnes. Mais ce n’est pas en deux mois qu’on connaît le football.»



Jean-Raymond Legrand président de Valenciennes en Ligue 1, une image qui semble bien lointaine. (L'Equipe)

« Legrand, il se fout de la gueule de qui ? »

A Valenciennes, l’ombre de Jean-Raymond Legrand agace Eddy Zdziech qui ne se prive pas de le tacler les deux pieds décollés. «Aujourd’hui, je suis serein par le fait qu’on arrive à retrouver des fondamentaux de simplicité, d’humilité et de travail. Ce qui n’est pas le fort de mon prédécesseur. J’ai lu qu’il allait faire une offensive, qu’il avait trouvé des investisseurs. Mais ça s’est vite terminé. Je me suis dit ‘‘Il se fout de la gueule de qui ?’’ Du nouveau président ? Je peux comprendre, tout le monde peut en avoir gros sur la patate mais qu’il se moque des supporters, c’est impardonnable.»

Un affrontement par presse interposée que ne cautionne pas Jean-Raymond Legrand. S’il souhaite que l’avenir du VAFC soit le principal sujet de discussion, il ne peut s’empêcher de relater les circonstances de son éviction et de donner son avis sur la trajectoire de Valenciennes. «Au départ, en septembre, il était prévu qu’on travaille ensemble pour redresser le club. Son choix a été de m’écarter. Il m’a appelé un vendredi soir et m’a dit : ‘‘Tu me fais de l’ombre, tu fais des choses derrière moi, je ne veux plus te voir.’’» «Ce n’est pas qu’il m’a gêné, rétorque Zdziech qui a refusé l’aide de l’ancien boss, mais quand vous êtes passionné, vous n’êtes pas censé être insupportable. Son attitude était (il insiste) inqualifiable ! A un moment, vous dîtes ‘‘laisse moi travailler et arrête de te comporter comme si tu es encore président et que tu es le plus beau’’.»



5 mai 2006, Jean-Louis Borloo (à droite) célèbre la montée de Valenciennes en Ligue 1 avec Francis Decourrière (président de VA à l'époque) et Frédéric Thiriez. (L'Equipe)

Borloo ne reviendra plus

S’il affirme travailler pour d’autres clubs, Legrand a toujours un œil et plusieurs oreilles au VAFC. «Si, demain, on a besoin de moi, forcément j’irai. À VA, c’est très politisé, on ne cherche pas à aider le club, mais untel ou untel. Politiquement, je n’étais peut-être pas forcément celui qu’il fallait.» Que l’éphémère passage de Jean-Louis Borloo semble loin. L’ancien ministre, maire de Valenciennes entre 1989 et 2002, était venu sauver le VAFC en injectant une coquette somme (entre 250 et 500 000 euros disait-on) l’été dernier pour que le club qu’il porte dans son cœur survive.
Aujourd’hui, il ne souhaite pas s’étaler sur le sujet, ni revenir à la rescousse une seconde fois. «Le président et le club n’ont pas besoin d’une tutelle lointaine. Je suis allé faire la paix, c’était vraiment par amour, glisse-t-il, le foot pro est très difficile quand vous n’avez pas un puissant actionnaire derrière. A Valenciennes, dès qu’une vente ne se fait pas, c’est quasiment fatal. Eddy Zdziech m’appelle quand il est très content ou quand il a un coup au moral.»

Dans les prochains jours, l’avenir de VA passera par la question de son centre de formation. Au cœur des débats, sa gestion irrite salariés et proches du club. D’abord par le fait que son rachat, encore en suspens, par l’agglomération, devait rapporter plus d’un million d’euros d’argent frais. Ensuite, car les forces vives s’amenuisent pour le gérer : de sept personnes il y a encore deux ans, ils ne sont plus que deux et demi pour s’occuper de cette entité depuis la nomination de David Le Frapper à la tête de l’équipe première en remplacement de Bernard Casoni.
Aujourd’hui, avec l’horizon plus qu’incertain du club, certains se demandent comment VA peut continuer à être attractif pour les jeunes et les familles. «On a mis en grand danger le projet de formation», souffle-t-on en interne.

7 460 spectateurs de moyenne dans un stade tout neuf

Eddy Zdziech réfute ces accusations. «L’avenir du VAFC passe par son centre de formation. Il y a un trou oui, mais c’est une situation d’urgence. Il est prévu qu’on étoffe ce centre pour la saison prochaine. Dans l’urgence, on s’attache déjà à notre équipe première.» Des pros qui rêveraient de faire souffler leurs supporters. Surtout dans le stade du Hainaut, écrin de 25 000 places inauguré en 2011, qui n’attire que 7 460 spectateurs de moyenne cette saison. Et ce n’est pas la situation du club, 17e et premier non-relégable, qui va les rassurer. «Aujourd’hui, les problèmes financiers sont une conséquence logique de quelques folies salariales du passé, lâche Carlo Di Marcantonio. Notre fameux petit Barça de 2009-10, on devait avoir une dizaine de joueurs à plus d’un million d’euros chacun. A un moment, Bisevac était à 140 000 euros par mois ! Et en haut du club, la petite gueguerre fait beaucoup de mal.»

Une chose est sûre : tous seront derrière Valenciennes ce soir pour la réception de Troyes, le leader. Mais même au coup de sifflet final, tous continueront de trembler pour leur club, pour leur ville, pour leur passion. Car tous savent que VA pourrait descendre bien plus bas qu’en National dans deux mois comme l’ont connu Sedan, Strasbourg, Le Mans ou Grenoble il y a peu encore. Car oui, en dehors des terrains, comme le dit si bien la chanson de la série, le foot est un univers impitoyable.

Source : http://www.francefootball.fr/news/Valenciennes-c-est-dallas/543509

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2 Re: LE VAFC : C'EST DALLAS ! le Lun 16 Mar - 17:11

TDF


Admin
Très bel article de France football qui décrit très bien la situation plus que délicate du club.

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